Avant la conférence d'adieux qui devrait avoir lieu lundi prochain, Paolo Maldini s'est entretenu avec la Gazzetta dello Sport pour parler de ce triste dimanche.
Paolo, pourquoi vous ont-ils ruiné la fête ?
« Je ne le sais pas, vraiment. J'ai toujours eu un comportement linéaire en suivant mes idées et en respectant tout le monde. Je n'ai pas fréquenté le monde des tifosi mais pas par snobisme : à cause du nom de famille que j'ai toujours dû démontrer quelque chose. Et donc j'ai choisi d'être jugé uniquement pour ce que je faisais sur le terrain. Certains voient cela comme un signe de respect envers le monde rossonero et le club et d'autres prennent cela comme une insulte contre eux. »
Qu'est ce qui vous a déçu ?
« Le silence du club : je n'ai pas apprécié que personne ne prenne position. Il n'y a eu aucun commentaire : du Président jusqu'en bas, aucun dirigeant n'a pris la parole. Je suis peut être idéaliste mais je crois qu'un club comme le Milan doit se dissocier de certains épisodes. »
Vous avez tout de suite répondu aux tifosi avec des mots très durs.
« Ce fut une réaction instinctive et donc peut-être mauvaise. Mais elle a été dictée par le moment : j'étais un homme touché. Je n'ai pas eu la possibilité de penser : c'étaient une réponse à une action préméditée depuis des jours, des mois et peut-être même des années. Je suis un homme avec des sentiments et des faiblesses. »
« Fier de ne pas être l'un d'eux ». Vous confirmez ?
« Oui, évidemment. On ne peut pas nier le fait que je sois milanista et que j'aie tout donné pour ce maillot. Malgré cela j'ai été contesté à plusieurs reprises. Ca faisait six mois que j'étais capitaine lorsqu'ils écrivèrent sur une banderole que je n'étais pas digne du brassard et en bas de chez moi était écrit « Moins d'Hollywood et plus de travail ». A moi ? Mais ce sont des choses qui m'ont fait grandir : j'ai fait grandir en moi une liberté intellectuelle et d'expression à laquelle je ne renoncerai jamais. »
Christian et Daniel, vos fils, vous ont-ils posé des questions ?
« Non mais Christian a compris et même Daniel, qui est futé, a compris quelque chose. A la maison ils ont tous les deux écouté les commentaires que je faisais avec ma femme. Cet épisode a une signification beaucoup trop grande. »
Et ils vous ont gâché la fête.
« Qui était très belle, exactement comme je l'avais rêvée. Soleil, chaleur, match l'après-midi comme lors de mes débuts, un stade plein, la famille et 70'000 personnes qui m'ont acclamé. Dommage pour ces 500 qui ont voulu me ruiner la fête. »
Vous rappelez-vous de tensions entre vous et les ultràs durant le passé ?
« Il y a deux vrais épisodes. Le premier à Istanbul où, même en perdant, nous avions disputé une splendide finale, nous étions largement meilleurs que Liverpool. A l'aéroport nous avons été contestés : « Vous devez vous excuser ». Moi je jouais depuis toute une vie et je devais m'excuser auprès d'un garçon de 20 ans ? Et m'excuser de quoi ? D'avoir perdu une finale de manière extraordinaire ? En plus lors de la finale les tifosi de Liverpool ont surclassé les rossoneri. A 3-0 on entendait seulement les anglais et ensuite plus fort, toujours plus fort...A l'aéroport il y a eu des très gros mots et nous avons risqué d'en venir aux mains. »
Et le deuxième épisode ?
« A Monaco lors de la Supercoupe 2007. Les ultràs faisaient la grève et ils interdisaient à tout le monde de nous encourager. Ensuite en championnat nous avons joué durant des mois dans une ambiance irréelle. L'équipe souffrait de cette situation et j'en parlais justement à la Gazzetta. Ce fut une interview d'un capitaine qui apparemment n'a pas plu à tout le monde. Une rencontre avec été organisée avec quelques ultràs pour régler la chose durant laquelle j'ai répété ce que j'avais dit à la Gazzetta en expliquant que je le faisais pour le bien du Milan. »
Les ultràs vous reprochent certaines insultes.
« Je ne les ai jamais insulté à part à l'aéroport après Istanbul. L'épisode de dimanche a tracé une ligne encore plus nette entre eux et moi. »
Pour vous faire encore plus mal ils ont sorti une banderole de Baresi.
« Au cocktail après le match, Franco m'a demandé pardon. Moi je n'ai pas compris car je n'avais pas vu sa banderole. Je lui ai dit : 'Franco, sois tranquille, tu m'as appris à marcher la tête haute sans avoir des rapports bizarres.' »
Il ne faut pas oublier que 70'000 personnes vous ont ovationné.
« L'affection a été énorme : je sais que tous mes maillots ont été vendus. Je veux remercier tout le monde. L'émotion ? Oui, évidemment, au début. Christian et Daniel proches de moi, toute la famille dans les tribunes, le t-shirt des joueurs de la Roma. Les larmes arrivent, je me retourne et je vois Pirlo qui est encore plus mal que moi. Alors je dis : 'Hey les mecs, on ne commence pas, hein...' »
Le match d'adieux proposé par Abete se fera ?
« Non, mais je le remercie beaucoup, il a été proche de moi et il voulait absolument organiser quelque chose. Platini aussi m'a écrit une très belle lettre. Tout a été merveilleux à part la contestation. Je suis fier de comment me voient les gens. »
Mais avec Leonardo il y a eu des tensions, non ?
« Voilà, cette équivoque est incroyable. Lorsque j'ai entendu que les gens parlaient d'un clash, j'étais dans les vestiaires, dans les bras de Leo. Il m'a dit de ne pas donner de l'importance à certaines choses et moi je lui ai dit ce que je pensais de certaines personnes. Stop. »
A Florence vous jouerez le dernier match, décisif, comme vous le vouliez...
« Oui, j'ai été le chercher...C'est incroyable comme nous nous sommes compliqués la vie : sur le 2-2 nous étions qualifiés mais nous ne le savions pas et nous avons cherché la victoire. Nous étions peu lucides : je n'ai jamais autant souffert de la chaleur de toute ma vie. »
La première chose que vous ferez lundi ?
« J'irai voir jouer Christian, il a un tournoi en Toscane. Après le match de Florence je resterai dans la zone. »
Le futur ?
« Rien n'est décidé. J'ai besoin de vacances. »
Le 6 juillet, probable jour de reprise du Milan, est-ce que vous irez faire un tour involontaire à Milanello ?
« Peut-être mais je vous confie quelque chose : durant les vacances je n'ai jamais rien fait. Vraiment rien. Au début je mentais aux préparateurs physiques ensuite je l'ai dit clairement : mon physique a besoin de déconnecter totalement pendant les vacances.
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Paolo, pourquoi vous ont-ils ruiné la fête ?
« Je ne le sais pas, vraiment. J'ai toujours eu un comportement linéaire en suivant mes idées et en respectant tout le monde. Je n'ai pas fréquenté le monde des tifosi mais pas par snobisme : à cause du nom de famille que j'ai toujours dû démontrer quelque chose. Et donc j'ai choisi d'être jugé uniquement pour ce que je faisais sur le terrain. Certains voient cela comme un signe de respect envers le monde rossonero et le club et d'autres prennent cela comme une insulte contre eux. »
Qu'est ce qui vous a déçu ?
« Le silence du club : je n'ai pas apprécié que personne ne prenne position. Il n'y a eu aucun commentaire : du Président jusqu'en bas, aucun dirigeant n'a pris la parole. Je suis peut être idéaliste mais je crois qu'un club comme le Milan doit se dissocier de certains épisodes. »
Vous avez tout de suite répondu aux tifosi avec des mots très durs.
« Ce fut une réaction instinctive et donc peut-être mauvaise. Mais elle a été dictée par le moment : j'étais un homme touché. Je n'ai pas eu la possibilité de penser : c'étaient une réponse à une action préméditée depuis des jours, des mois et peut-être même des années. Je suis un homme avec des sentiments et des faiblesses. »
« Fier de ne pas être l'un d'eux ». Vous confirmez ?
« Oui, évidemment. On ne peut pas nier le fait que je sois milanista et que j'aie tout donné pour ce maillot. Malgré cela j'ai été contesté à plusieurs reprises. Ca faisait six mois que j'étais capitaine lorsqu'ils écrivèrent sur une banderole que je n'étais pas digne du brassard et en bas de chez moi était écrit « Moins d'Hollywood et plus de travail ». A moi ? Mais ce sont des choses qui m'ont fait grandir : j'ai fait grandir en moi une liberté intellectuelle et d'expression à laquelle je ne renoncerai jamais. »
Christian et Daniel, vos fils, vous ont-ils posé des questions ?
« Non mais Christian a compris et même Daniel, qui est futé, a compris quelque chose. A la maison ils ont tous les deux écouté les commentaires que je faisais avec ma femme. Cet épisode a une signification beaucoup trop grande. »
Et ils vous ont gâché la fête.
« Qui était très belle, exactement comme je l'avais rêvée. Soleil, chaleur, match l'après-midi comme lors de mes débuts, un stade plein, la famille et 70'000 personnes qui m'ont acclamé. Dommage pour ces 500 qui ont voulu me ruiner la fête. »
Vous rappelez-vous de tensions entre vous et les ultràs durant le passé ?
« Il y a deux vrais épisodes. Le premier à Istanbul où, même en perdant, nous avions disputé une splendide finale, nous étions largement meilleurs que Liverpool. A l'aéroport nous avons été contestés : « Vous devez vous excuser ». Moi je jouais depuis toute une vie et je devais m'excuser auprès d'un garçon de 20 ans ? Et m'excuser de quoi ? D'avoir perdu une finale de manière extraordinaire ? En plus lors de la finale les tifosi de Liverpool ont surclassé les rossoneri. A 3-0 on entendait seulement les anglais et ensuite plus fort, toujours plus fort...A l'aéroport il y a eu des très gros mots et nous avons risqué d'en venir aux mains. »
Et le deuxième épisode ?
« A Monaco lors de la Supercoupe 2007. Les ultràs faisaient la grève et ils interdisaient à tout le monde de nous encourager. Ensuite en championnat nous avons joué durant des mois dans une ambiance irréelle. L'équipe souffrait de cette situation et j'en parlais justement à la Gazzetta. Ce fut une interview d'un capitaine qui apparemment n'a pas plu à tout le monde. Une rencontre avec été organisée avec quelques ultràs pour régler la chose durant laquelle j'ai répété ce que j'avais dit à la Gazzetta en expliquant que je le faisais pour le bien du Milan. »
Les ultràs vous reprochent certaines insultes.
« Je ne les ai jamais insulté à part à l'aéroport après Istanbul. L'épisode de dimanche a tracé une ligne encore plus nette entre eux et moi. »
Pour vous faire encore plus mal ils ont sorti une banderole de Baresi.
« Au cocktail après le match, Franco m'a demandé pardon. Moi je n'ai pas compris car je n'avais pas vu sa banderole. Je lui ai dit : 'Franco, sois tranquille, tu m'as appris à marcher la tête haute sans avoir des rapports bizarres.' »
Il ne faut pas oublier que 70'000 personnes vous ont ovationné.
« L'affection a été énorme : je sais que tous mes maillots ont été vendus. Je veux remercier tout le monde. L'émotion ? Oui, évidemment, au début. Christian et Daniel proches de moi, toute la famille dans les tribunes, le t-shirt des joueurs de la Roma. Les larmes arrivent, je me retourne et je vois Pirlo qui est encore plus mal que moi. Alors je dis : 'Hey les mecs, on ne commence pas, hein...' »
Le match d'adieux proposé par Abete se fera ?
« Non, mais je le remercie beaucoup, il a été proche de moi et il voulait absolument organiser quelque chose. Platini aussi m'a écrit une très belle lettre. Tout a été merveilleux à part la contestation. Je suis fier de comment me voient les gens. »
Mais avec Leonardo il y a eu des tensions, non ?
« Voilà, cette équivoque est incroyable. Lorsque j'ai entendu que les gens parlaient d'un clash, j'étais dans les vestiaires, dans les bras de Leo. Il m'a dit de ne pas donner de l'importance à certaines choses et moi je lui ai dit ce que je pensais de certaines personnes. Stop. »
A Florence vous jouerez le dernier match, décisif, comme vous le vouliez...
« Oui, j'ai été le chercher...C'est incroyable comme nous nous sommes compliqués la vie : sur le 2-2 nous étions qualifiés mais nous ne le savions pas et nous avons cherché la victoire. Nous étions peu lucides : je n'ai jamais autant souffert de la chaleur de toute ma vie. »
La première chose que vous ferez lundi ?
« J'irai voir jouer Christian, il a un tournoi en Toscane. Après le match de Florence je resterai dans la zone. »
Le futur ?
« Rien n'est décidé. J'ai besoin de vacances. »
Le 6 juillet, probable jour de reprise du Milan, est-ce que vous irez faire un tour involontaire à Milanello ?
« Peut-être mais je vous confie quelque chose : durant les vacances je n'ai jamais rien fait. Vraiment rien. Au début je mentais aux préparateurs physiques ensuite je l'ai dit clairement : mon physique a besoin de déconnecter totalement pendant les vacances.
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